5 choses que vous ne saviez pas (ou presque) sur la mission*

Savez-vous vraiment ce qu’est la Mission?

En théorie, tout baptisé capable de s’exprimer devrait répondre à cette question par un grand oui. En pratique, vous savez comme moi – et je ne vous apprends rien – que la réponse serait plutôt négative. C’est peut-être la raison pour laquelle le Saint-Père a choisi ce thème pour le 91e Dimanche missionnaire mondial: «Redécouvrir la Mission au cœur de la foi chrétienne». Puisqu’elle est au cœur de notre foi, (re)découvrons-là.

1 : La Mission est indispensable à la vie chrétienne

Étonnamment, le terme mission est souvent mal compris dans l’Église. De fait, beaucoup ignorent son vrai sens et sa vraie portée, faisant de la Mission un sujet méconnu, voire négligé, autant par les fidèles catholiques que par leurs pasteurs. Dans beaucoup d’Églises locales, on a préféré écarter la Mission, et même l’éviter. Des grands séminaires ne donnent plus de cours de missiologie, des diocèses préfèrent prioriser «d’autres domaines » dans l’éventail des défis pastoraux existants. Et pourtant, quand on choisit, par exemple, de relever le défi de l’évangélisation, on est en train de s’attaquer au même défi que la Mission ! Jésus ne nous envoie pas les uns à évangéliser et les autres à faire mission. Il nous envoie, tout court. D’ailleurs, le mot mission signifie «envoi» en latin.

2 : Jésus nous a laissé la Mission en héritage

L’entourage immédiat de Jésus a été témoin de sa vie et de sa mort, mais également de cet évènement inédit dans l’histoire de l’Humanité que fut la rencontre avec Jésus ressuscité. Impressionnés, émus, sous le choc – quelque soit l’état émotionnel dans lequel étaient les disciples après avoir vécu cette expé- rience, celle-ci les a relancés vers une mission alors inachevée. En effet, juste avant de quitter ses amis et de «monter vers le ciel», le Christ leur a donné un but précis, les exhortant d’aller sur toute la terre faire des disciples en leur enseignant tout ce qu’il leur avait appris (cf. Mt 28, 16-20). Deux mille ans plus tard, ils sont des centaines de millions de chrétiens dans le monde à avoir embrassé la foi chrétienne. Ils sont à la fois les héritiers du message du Christ et ceux par qui la Bonne Nouvelle sera proclamée et transmise aux nouvelles générations. Ce qui nous amène au prochain point.

3 : Nous sommes tous des disciples-missionnaires

Par définition, le disciple est celui qui reçoit l’enseignement d’un maître. L’enseignement que nous avons reçu de Jésus – qu’on pourrait résumer ainsi: aimer Dieu et aimer notre prochain comme nous-mêmes (cf. Mt 22, 37-39) – serait incomplet si le Christ ne nous envoyait pas de par le monde pour le faire connaître. C’est pourquoi nous sommes disciples-missionnaires. Cette double identité signifie que nous participons activement à la mission du Christ¹. Disciples-missionnaires : toi, moi, nous… on l’est tous, et ce, dès notre baptême! (cf. Evangelii gaudium, n° 120) La foi que nous professons est aussi une foi à partager. L’esprit de la mission ad gentes (aux nations), nous dit le Pape, doit devenir celui de la mission de l’Église dans le monde, ce qui demande de sortir, d’écouter le cri des pauvres et de ceux qui sont éloignés, d’aller à la rencontre de tous et d’annoncer la joie de l’Évangile².

4 : L’Église n’a pas de mission

L’Église est à l’image de son fondateur, Jésus Christ. Elle est constamment en mouvement, en état permanent de mission, imprégnée de cet élan qui, depuis toujours, a fait que tant de chrétiens – quel que soit leur état de vie – se sentent appelés à laisser tout pour aimer tous. Oui, elle est missionnaire, puisqu’elle-même est née de la mission de Dieu (cf. Ad gentes, n° 2), lui qui veut nous aimer et établir sa demeure en nous. Retenons alors ceci: ce n’est pas l’Église qui a une mission, comme on a tendance à le croire. C’est plutôt la Mission qui a une Église³.

5 : Il existe une nouvelle culture missionnaire

Révolue est la grande époque où l’Occident envoyait des milliers de missionnaires pour implanter des Églises dans des pays en voie de développement. Les mentalités changent, la technologie crée d’autres façons d’annoncer le Christ aux peuples. Depuis un certain temps, une nouvelle culture missionnaire est en train d’émerger à l’échelle de toute l’Église. Mais attention, il ne s’agit pas ici d’un tournant missionnaire, mais bien d’un appel à « être mission ». Cette nouvelle culture missionnaire est diverse et dynamique, elle prend tout son sens dans le service de la personne humaine. Le pape Benoît XVI voyait juste quand il affirma que « les véritables destinataires de l’activité missionnaire du Peuple de Dieu ne sont pas seulement les peuples non chrétiens et les terres lointaines, mais également les milieux socioculturels et surtout les cœurs4 ».

*Ce texte est tiré de la Revu Univers numéro 3 de l’année 2017, revue d’information et d’animation missionnaire au service de l’Église canadienne, publiée par l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi. Consultez la revue ici