« ME VOICI, ENVOIE-MOI » (cf. Isaïe 6, 8)

Par José I. Sierra

Cette phrase à double volet contient deux affirmations importantes : me voici et envoie-moi. Toute démarche missionnaire authentique requiert ces deux affirmations pour qu’elle puisse aller de l’avant. C’est ainsi depuis des milliers d’années. Dans la Bible, il y a de nombreux exemples de personnes qui ont prononcé ces mots devant Dieu : d’Abraham à Moïse, en passant par Esther, David, Marie de Nazareth et tant d’autres. Dans l’Église, c’est d’ailleurs les paroles que prononcent les futurs diacres permanents et les prêtres devant l’évêque, ainsi que tous ceux qui s’apprêtent à faire leur Confirmation.

Regardons de plus près le sens de cette double-affirmation si importante.

Me voici

Nous sommes tous familiers avec la prise des présences à l’école. Chaque matin, le professeur prend sa liste, il prononce le nom d’un élève à haute-voix et ce dernier répond : « Présent ! » C’est une méthode simple et efficace qui nous permet de savoir qui est en classe, qui est disponible.

Quand quelqu’un manifeste sa présence, c’est aussi une façon pour lui de valider son identité auprès des autres. Par ce geste, j’assume mon identité en tant que personne. Autrement dit, je me différencie des autres, car je sais qui je suis.

Si nous poussons cette réflexion plus loin, nous réalisons qu’être présent signifie également exister pour quelqu’un, autant en esprit comme en chair. C’est ainsi qu’un parent dit à son enfant : « Je suis là pour toi » ; qu’un ami dit à un autre : « Qu’est-ce qui se passe ? Je t’écoute » ; que Dieu me dit : « Je t’aime, et tu as du prix à mes yeux. »
(
cf. Isaïe, 43, 4)

Être présent c’est aussi réaliser que nous habitons l’espace-temps, une notion qui nous renvoie à la question de notre existence et notre place au sein de l’Univers. C’est une démarche qui demande, en quelque sorte, un acte de foi de notre part tellement il est difficile de saisir cette réalité.

Quand je dis « me voici » à Dieu, je suis en train de lui dire essentiellement quatre choses : que je suis disponible, que j’assume mon identité, que j’existe pour les autres, et que je crois en moi. Sans ces quatre réalités, nous ne pouvons pas être prêts pour dire : « envoie-moi ».

Envoie-moi

Nous l’avons vu, elles sont nombreuses les personnes qui, au long de l’Histoire, ont répondu : « me voici » à l’appel de Dieu et ont été envoyées par lui pour accomplir une mission particulière. Cependant, rien ne nous laisse croire que leur mission était facile. Être envoyé suppose un geste de sortie de soi-même qui secoue notre confort et nos repères. Il est de l’ordre de l’élan, d’une action qui nous fait propulser vers l’avant pour atterrir à un endroit préciset surtout inconnu.

D’ailleurs, le Seigneur n’envoie jamais une personne par force. Dieu nous laisse libres d’accepter ou de rejeter son appel. Si je lui dis : « envoie-moi », c’est de mon propre gré que je le fais. Encore plus, je suis en train de dire à Dieu qui je dois envoyer : moi. Accepter l’appel de Dieu demande alors une décision de ma part. J’ai beau être disponible, j’ai beau assumer qui je suis, j’ai beau croire en moimais je ne pourrai pas être envoyé en mission si je ne le décide pas.

Le Seigneur frappe à la porte de notre cœur et attend une réponse à son appel. Une chose est certaine, nous n’avons rien à perdre et tout à gagner en lui disant : « Me voici, envoie-moi ! »

Par José I. Sierra

José I. Sierra est Responsable des communications pour les Œuvres Pontificales Missionnaires(OPM) – Canada francophone. Les OPM constituent l’organe missionnaire de l’Église et dépend de la congrégation de l’évangélisation des peuples. Il est également rédacteur en chef de la revue Univers,  revue d’information et d’animation missionnaire au service de l’Église canadienne, publiée par l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi.