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23 Oct 2026

La présence humble et discrète des missionnaires

Par Malika

Au mois d’avril dernier, le pape Léon XIV visitait pour la 3e fois la terre natale de saint Augustin (354-430), en Algérie. Lors de sa visite, le Saint-Père a comparé les missionnaires chrétiens vivant dans le pays à un grain d’encens. Il leur a dit : « Votre présence dans le pays fait penser à l’encens : un grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur, et apporte joie et réconfort à beaucoup de frères et sœurs ».

En ce Mois missionnaire, j’aimerais vous parler de la présence chrétienne en terre musulmane, moi-même étant née dans une famille où l’on pratique ces deux religions sous le même toit.

Je vous apporte une brève anecdote pour vous parler de ce beau parfum que j’ai humé dans le désert algérien, qui m’a donné à réfléchir sur la présence humble et discrète des missionnaires dans cette partie du monde.

Au mois de juin, j’ai fait une excursion avec quelques membres de ma famille. C’était dans l’extrême sud algérien – à quatre jours de route en voiture, ou deux heures d’avion, de distance de là où nous étions.

Après avoir visité plusieurs endroits de ce désert de pierres aride, notre guide a insisté pour que nous rencontrions le « marabout » (marabout est mot français d’origine arabe qui signifie « ermite »). Intrigués, nous avons décidé de faire cette rencontre. Nous nous sommes donc retrouvés à 2800 m d’altitude, au deuxième ermitage de saint Charles de Foucault, dont un certain frère Ventura était le gardien – le premier ermitage du saint, construit avec de la boue séchée en 1905, a été à vandalisé à plusieurs reprises.

Ce n’est qu’après mon retour de ce lieu que j’ai compris pourquoi le guide n’avait pas présenté le frère Ventura par son propre nom, mais comme « le marabout » d’Assekrem (nom de la montagne). En fait, c’était pour cacher qu’il était un religieux. C’était sa façon de le protéger.

Ce fut de même lorsque nous avons visité une association d’aide aux femmes. Rien à l’extérieur du bâtiment n’indiquait qu’il s’agissait de la maison des Petites sœurs du Sacré-Cœur. Pourtant, sœur Martine réserve un espace pour la vente des produits d’artisanat confectionnés par des femmes qui vivent dans des conditions précaires.

Notre guide nous a confié que les missionnaires sollicitaient parfois de l’aide, y compris de la nourriture. Je dois avouer que ni sœur Martine ni frère Ventura ont exprimé avoir vécu ces difficultés de survie dans le désert. Mais à travers les lettres de correspondance que j’ai reçues et des publications sur Internet que j’ai lues, il est clair que le besoin est grand. L’un et l’autre ne vont parler que des difficultés des communautés chrétienne et musulmane avec lesquelles ils partagent leurs vies, mais jamais de leurs propres difficultés.

Présence humble et discrète.

Me viennent à l’esprit ces mots prononcés par le pape Léon XIV à la basilique Notre-Dame d’Afrique, lors de sa visite à Alger.

« Une partie considérable du territoire de ce pays est occupée par le désert, et on ne survit pas seul dans le désert. Les rigueurs de la nature remettent à leur juste mesure toute prétention d’autosuffisance, et rappellent à chacun que nous avons besoin les uns des autres, et que nous avons besoin de Dieu. C’est la reconnaissance de cette fragilité qui ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir : la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la paix véritable. »

 

 

(Photo: Gracieuseté de l’auteure)

 

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