Je regardais récemment les capsules-vidéo produites à l’occasion du Mois missionnaire d’octobre 2020. Avec la fougue et l’enthousiasme qu’on lui connaît, Mgr Alain Faubert nous invitait à « Oser sortir, rencontrer un monde aimé de Dieu ». Dans un de ses quatre messages sur la Mission, il a emprunté une image au monde du hockey : la « chambre des joueurs » a toute son importance, mais « la partie se joue sur la glace », rappelait-il. Une image parlante pour nous dire que l’Église est pour la Mission, que l’Église est mission. Alors que la saison de hockey de la Ligne nationale ne commencera vraisemblablement pas avant janvier prochain et que la crise de la COVID impose des limites à nos rassemblements dominicaux, profitons de l’occasion pour explorer cette image.

En anglais, la chambre des joueurs, c’est le « locker room » lieu de conversations pas toujours édifiantes. La comparaison paraîtra moins audacieuse en la reliant avec nos souvenirs de hockey. Vous vous rappelez de cette fièvre du hockey, surtout en séries éliminatoires ? C’était au temps où les Canadiens se rendaient régulièrement en finale. Quand l’équipe, après deux périodes de jeu, affichait un déficit de quelques buts, les commentateurs de « la Soirée du hockey » y allaient de leurs spéculations sur le discours de l’entraîneur dans la sacro-sainte chambre des joueurs : « Qu’est-ce que peut bien dire Scotty Bowman à ses joueurs » ? Jean-Maurice (Bailly) n’en savait rien mais laissait entendre que cela pouvait changer l’issue du match, insuffler une motivation nouvelle pour que l’équipe revienne de l’arrière et remporte la partie. C’est sur la glace que ça se joue, mais il ne faut pas négliger ce qui se passe dans la fameuse « chambre des joueurs ».

Au Couvent Saint-Albert-le-Grand, à Montréal, il y a un endroit où les frères mettent et enlèvent leur habit dominicain avant et après les offices. Il s’y trouve une bonne trentaine de crochets, sur des murs qui ressemblent à ceux d’un vestiaire sportif. C’est pourquoi je l’ai appelé « la chambre des joueurs », même si on compte bien peu de sportifs parmi nous. La prière et la contemplation ne sont jamais bien loin de l’action !

On ne trouvera pas un décor semblable dans nos églises, mais ne pourrait-on pas y respirer, avec les parfums d’encens, le désir, l’impatience de sauter sur la glace, ou encore la fièvre d’une équipe prête à tout donner pour remplir sa  mission ?

Avons-nous le sentiment que nos rassemblements paroissiaux nous préparent à nous jeter dans la mêlée, à nous engager à la poursuite d’un but, à jouer des coudes pour plus de justice, plus de fraternité ? Quand, après une semaine missionnaire, nous rentrons au « vestiaire », notre prière et nos échanges reflètent-ils notre travail sur le terrain ? Dans la chambre des joueurs, l’entraîneur ne manquera pas d’inciter tous les membres de l’équipe à contribuer à l’effort collectif. Il y a les joueurs vedettes, il y a aussi ceux que l’on appelle les « plombiers ». Dans notre Église, ne sommes-nous pas appelés à jouer en équipe, à valoriser toutes les forces mises au service de la mission ?

L’entraîneur nous demande d’y mettre notre cœur !

Décembre, notre année liturgique vient de commencer. Sortons du vestiaire. Nous n’avons pas une équipe tout étoile ? Les bergers à qui a été confiée l’annonce de la naissance de Jésus et le groupe des Douze qui a porté la Bonne Nouvelle, ne l’étaient pas non plus. La partie se joue sur la glace, en équipe. Faisons circuler la rondelle !

 

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